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Rubriche > Storie di isole
Fragments du CV de Paul Arrighi, Historien-écrivain et poète.
Un CV est toujours partiel voire partial, aussi ne dirais-je que l’essentiel, qui est en rapport à la poésie :
Mon enfance déchirée
Je suis né à Bougie, renommé Bejaia, en Kabylie, d’un père Corse, professeur d’anglais et d’une mère Pyrénéenne institutrice. Aussi mes premières années se sont passées sous l'état de guerre.
Je n'en percevais que des bribes dans les conversations, l'écoute des transistors et les jeux de l'enfance marqués par une certaine violence qui était un écho de la vraie violence des adultes.
De cette enfance en Kabylie reste profondément enfouie les senteurs d'olives de l'épicier mzabite, les senteurs de viande d'agneau sur l'étal du marché et ce goût à la fois acide et sucré des nèfles.
«Rapatrié» en 1962 dans les Pyrénées, j'ai toujours gardé une nostalgie inguérissable pour les paysages Méditerranéens et vécu durement ce nouvel univers froid ou je connus la neige. J’eus la sensation d’avoir quitté une terre ocre de soleil pour un nouvel univers de froidure ou le flamboiement des sens était moindre.
Une jeunesse Toulousaine
J'ai vécu ma jeunesse à Toulouse dans le creuset des écoles et du lycée mêlant les «pieds noirs », les fils de réfugiés espagnols et les jeunes des faubourgs toulousains.
Mai 1968 a éclaté alors que j'avais 14 ans mais cette secousse sociale et culturelle m'a éveillé bien plus tôt à la vie de la cité et a aiguisé mon esprit critique, sans doute trop pour plaire à ceux qui ont l’âme de chefs.
Sans faire partie directement de la génération « soixante-huitarde », je m'efforçais contre l'histoire qui nous tournait déjà le dos, d'égaler et de renouveler les exploits de nos jeunes aînés de dix ans de plus.
C'était un « temps déraisonnable» mais si créatif ou la jeunesse se faisait une place dans une société engoncée en poussant les pesanteurs du « vieux monde ».
Mais la crise débuta en 1974 et cette marâtre n’allait plus nous lâcher transformant nos espoirs d’un monde meilleur en luttes pour éviter les régressions.
Ma formation intellectuelle
Elève parfois brillant en lettres et nul en mathématiques, souvent indiscipliné, j’ai très tôt été fasciné par l’histoire qui avait frappé très tôt à la porte de ma vie.
J’ai aimé l’étude et nombre de mes professeurs pour leur dimension de compréhension du monde et les virtualités d’émancipation du savoir.
« Les mots » de Sartre et « L’espoir » de Malraux ont été les viatiques de ma vie spirituelle avec la lecture de nombreux livres sur la guerre d’Espagne dont je rêvais d’inverser le cours tant l’injustice et l’esprit de réaction me faisaient mal au cœur.
Je fis des études d’histoire terminées par une maîtrise d’histoire contemporaine et bien plus tard une thèse de doctorat sur le héros, Italien et Européen, Silvio Trentin, figure de l’antifascisme et de la Résistance.
Mon goût pour l’écriture
Très tôt j’ai aimé les îles et ce sentiment étrange qui vint à Robinson de devoir compter sur ses « propres forces » tout en étant relié par ces courants d’échange qui ont toujours parcouru la Mer Méditerranée, déchirée par tant de conflits, mais si riche d’une civilisation qui a créé la philosophie et ou sont nées tant de religions .
J’aime beaucoup la Corse ou j’ai séjourné tant de fois depuis mon enfance. Mes goûts et les valeurs essentielles auxquelles je me suis voué sont la liberté, que nombre de Corses ont nommé : « La santa liberta », la curiosité d’esprit, l’ouverture aux autres et un vif appétit pour le goût de la lecture et des livres.
La lecture et l’écriture de la poésie sont devenues pour moi une sauvegarde et un talisman pour les êtres sensibles en quête d’un monde moins dur et plus tolérant ainsi qu’un nouveau rapport avec la nature et ce vaste cosmos dans lequel parfois nous nous sentons bien seuls.
Devinettes sur notre village d’hier et d’aujourd’hui en Corse
di Paul Arrighi
(Photographie de «notre village dans l’île Corse»,
prise au levant par Ludovic Freppaz, de filiation, Rossi)
Je ne nommerais pas le village de Corse d’où est issue ma famille paternelle, mais je vous donnerais, en guise de sésame, avec ces deux photos prises au levant et au couchant, quelques indications pour que vous puissiez retisser le « fil du Minotaure» qui mène à la sortie de tout labyrinthe et tient l’Esprit en éveil.Trois particularités le caractérisent; sa hauteur, sa luminosité et son éloignement. Ces trois propriétés ne sont point seulement géographiques mais font bénéficier ce lieu de ces trois vertus: le regard méditatif, la finesse d’esprit et le sens de la solidarité.* Son altitude, s’étage entre 650 et 750 mètres et se drape dans une vêture de châtaigniers. L’eau y coule, rafraîchissante, provenant de quelques sources et ruisseaux. Ici, grâce à cette eau et à la densité des arbres, le vert et la fraîcheur persistent, au moins jusqu’à la mi-août, les années où le surcroit de soleil et de chaleur ne font pas rougeoier, plus tôt, le maquis et les feuilles.Ses atours se parent des chatoiements de doré et du roux des feuillages brulés. Le mélange des verts laisse alors la place aux couleurs de renard roux et le maquis se transforme en tapis de couleurs, pour fêtes automnales, alors que les sangliers courent et fuient dans les bois.En été, la fraîcheur préservée, alors même que le soleil flamboie et brûle est un vrai bienfait pour l’Ajaccien qui quitte son labeur ou pour celle ou celui qui vient de plus loin retrouver ses racines, en quête de repos et souvent de paix de l’esprit.Cette fraîcheur permet d’éviter la torpeur qui paralyse les corps et les projets. L’altitude favorise la vivacité des corps, de l’esprit et échauffe parfois les propos, comme le chaud alcool de myrtes.* De son altitude, découle la propension de ses habitants à voir les êtres et les choses avec hauteur et leur goût de contempler les cieux et les constellations.Rappelons-nous que les astronomes et philosophes grecs commencèrent à scruter les étoiles et aiguiser leurs premiers «concepts» à partir, des hauteurs marines, du surplomb des rochers, avant même de disposer des outils efficaces pour l’astronomie.C’est à partir de points d’observations analogues et d’un même ciel étoilé que bergers, marins et montagnards, apprirent à scruter les mêmes immensités étoilées et à philosopher sans souvent connaître les réservoirs de savoir des bibliothèques. Ils y trouvèrent aussi des fils d’interprétation pour mieux apprivoiser les joies et les souffrances des hommes.En effet, n’est-il pas à portée des hommes les plus simples que d’éprouver les sentiments de la grandeur et du sacré de l’être, parcelle d’un univers qui nous échappe encore et pour longtemps encore ?Du haut des rochers de granits escarpés ou des châtaigniers mystérieux, il n’est pas de grandeur autre que celle de l’esprit humain, de la nature et du grand mystère de l’Univers. Aussi ne m’étonnerait-il point que notre village ne se fut avéré propice au culte de quelque très ancienne religion solaire.
* La luminosité est la seconde caractéristique de notre village, situé face aux pics qui déchiquettent l’horizon, surplombé par la «Sposata», femme fugitive restée pétrifiée sur son «cheval de pierre». En effet, ici, la vue est presque transparente et porte haut et loin. Lumineuse dans son intensité, la vue, du haut des pics et des cimes présentait l’avantage de voir approcher les vagues successives d’envahisseurs et de se réfugier, si l’on ne pouvait envisager de lutter ou de vaincre, au cœur des forêts et de la «macchia» protectrices.En bas de la montagne, le «Liamone» serpente. Ce torrent tumultueux paraît si étroit et semble un simple fil d’eau, vu d’en haut. Toutefois, il a paru bien redoutable aux anciens, qui se souviennent de ses crues, funestes aux imprudents noyés. Ils l’avaient nommé « Fiume Grossu». Plus haut encore, planent les rares aigles et autres oiseaux de proie, surveillant leur domaine de pics et de montagnes et narguant les renards qui rôdent autours des bergeries.C’est cette transparence de l’air qui favorise l’acuité du regard et paraît donner une incitation, comme l’éclair de deux silex frottés, à la perspicacité et à l’acuité de la pensée. C’est aussi, peut être grâce à cette luminosité et à cette transparence que les peuples de la montagne sont, plus que d’autres, libres et indomptables.Nulle vérité révélée, nulle imposture idéelle ne saurait durablement altérer durablement la justesse de leur goût profond pour la liberté. Une opinion, un jugement se fondent ici, autant sur la contemplation du ciel étoilé et de la marche des astres, véritable école de sagesse et de philosophie pratique, que sur les opinions et les mots trompeurs des doctes, des habiles et des rhéteurs.
* La troisième caractéristique de notre village de pierres, est curieusement l’éloignement. Pourtant, il n’est situé qu’à vingt-cinq, peut être trente kilomètres de la mer et à moins de soixante d’Ajacciu. Cependant un univers paraît séparer les modes de vie et les rythmes de vie qui se sont emparés des villes.Ici, nous pouvons renouer avec la continuité de la chaîne des temps et des familles soudées face au défilement des saisons et à l’expression de besoins vitaux. Aux cris des coqs qui ouvrent tôt la journée succèdent, le soir, les aboiements plaintifs des chiens qu’apeure la nuit qui tombe et qui se mettent à hurler à la lune. La seule fissure, dans cet éloignement plus temporel que géographique, dans cette distance gardée face aux «folies du Monde» qui s’agite et tournoie, est constituée par les téléviseurs, leurs antennes satellites ainsi que par l’arrivée des voitures lors des fêtes et des vacances d’été qui rompt une apparente immobilité.L’autre fracture dans cette continuité du fil des «travaux et des jours» est apportée par le téléphone et désormais le téléphone portable dont la réception s’améliore après avoir été bien précaire et seulement audible à la croix du «calvaire», qui vit tant d’amoureux et de promeneurs de s’y rendre et quelquefois lorsque la chance leur riait, de s’y aimer.Sans ces trois brèches, les communications entre les univers distincts seraient plus que rares et feraient apparaître l’entité de notre village et le monde des villes comme deux planètes séparées dont, malheureusement, la plus sage et la plus durable des deux s’étiole, hors l’été, faute de l’aptitude de l’homme contemporain, ce «nomade stressé», à supporter le poids d’une solitude qui le contraindrait à un examen de conscience, à l’impitoyable jeu du miroir et à la pratique ritualisée d’une sagesse immémoriale, qui demeure finalement perdue par nos contemporains, plus souvent, en quête de paraître que d’être .Aussi, cet éloignement métaphysique, que notre village peut maintenir, comme instinctivement, face à la course épuisante et sans fin de la civilisation urbaine, s’élargit en qualité morale des êtres.n’est pas seulement une distance de protection, un «refuge moral» qui est conservés face à la «ville-aimant». C’est aussi un autre «tempo» d’une très ancienne civilisation où les valeurs actives de la solidarité pouvaient s’exprimer sans ostentation parce qu’elles étaient, tout simplement, vitales et procédaient d’un sentiment profond de commune parenté devant les bonheurs et les malheurs.Notre village, luit encore comme un fanal, mais pour combien de temps encore, une communauté soudée par la fragilité des femmes et des hommes face à l’immobilité hiératique du granit et les colères furieuses des saisons.C’était pour lui, comme dans chaque «piève», une démocratie mêlée de proximité et de simplicité.C’était aussi le Monde que connurent Homère et Ulysse, le cœur d’un «monde Méditerranéen» avec ses valeurs longuement mûries par une histoire tumultueuse, faite d’honneur, de grandeur et du sentiment tragique de la vie.
Paul Arrighi. Mars 2010
Écrit dans la maison familiale de la «Casalonga» dans notre village dont, chers visiteurs, vous aurez peut être, s’il vous plaît, et en avez la curiosité de chercher le nom et d’y séjourner en respectant ses habitants. Ce texte pleinement ressenti est dédié à mon père André, Poète Corse tout particulièrement de ces lieux baignés de magie et de soleil.
Traversée sur le Danielle Casanova
Quand tu laisses Marseille
un peu comme une fête,
aux éclats du couchant,
la rade illuminée,
la fièvre te saisis
de penser à la Corse.
Les jeunes, à pied, s'engouffrent
sur les meilleurs des ponts
pour bien voir la manoeuvre,
et le soleil couchant,
qui luit sur Marseille
et irise le soir.
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Bientôt le château d'If
s'éloigne de la vue,
et l'air marin attise
l'envie de festoyer
des premières "Pietra"
et puis des "Merendella"
Cette nuit de "ferry"
n'est pas prompte au sommeil
car même en traversant
tu es rendu à l'Ile
qui déjà te saisis
comme une enchanteresse.
Parfois si ton budget
te permet ce bonheur,
tu t'attables en famille
et devant ces hublots
tu goûtes des mets fins
en regardant la mer.
Cela fait si longtemps
que les saveurs de l'Ile
manquaient à ton palais.
et cette langue Corse,
ces sons que tu retrouves
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et parfois tes cousins .
Mais mon meilleur moment
est face la musique
quand je peux siroter
une "desperado"
fraîche en cette nuit
si pleine de promesse.
Mais si bonne fortune
n'a pas cligné des yeux
du regard d'une belle,
il faut bien dormir
ou du moins essayer
tant la nuit est magique.
Mais le matin arrive
ou une ritournelle,
te réveille en douceur.
déjà les ponts sont pleins
des premiers à humer
les senteurs d'Ajacciu.
Mais qu'il est difficile
de rompre avec ces charmes,
du golfe qui s'éveille
et de se préparer
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à quitter le spectacle
de la ville endormie.
Il faut bien débarquer
soit par la passerelle,
soit des soutes fébriles
ou les derniers moments
paraissent infinis
et le choc se produit.
Sur la terre de l'Ile,
tu sais bien que la Corse
la secrète, la belle,
t'accueille en beauté
avec tous ses parfums
sa luminosité .
Cette, fois, pas de doute
tu y es dans cette île
et aussitôt le charme
brûle de tous ses feux
et si nous attendions
le marché, ses saveurs.
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Mais déjà les cousins
exigent ta présence
tu n'es plus dans Paris,
sa foule solitaire.
Ici, il faut parler
et échanger des vies.
Mais déjà, un appel
monte en toi et te prends
celui de la fraîcheur
du village perché,
et de ses châtaigniers
dans la mer des fougères.
Tu ne peux plus tenir
et comme les anguilles
des Sargasses venues,
Il faut bien y répondre
à l'appel des Montagnes
au besoin du village.
Car, la Corse est montagne
et villages groupés.
Là, où brille l'esprit
des hommes fiers et libres,
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au parler rocailleux
autant que leur granit.
Paul Arrighi, août 2010.
Mon cher Châtaignier
Toi, mon grand châtaignier
où bruissent tant de feuilles,
tu domines la plaine
et les bois alentours,
voguant comme un vaisseau,
sur des flots de granit.
et déployant tes branches
comme un géant sublime.
Toi, mon vieux châtaignier
si noueux, si solide;
tu as vu, tant d’étés secs,
qui n’en finissaient plus;
si âcres et si brûlants,
et qui séchaient la terre
qu’il te semblait brûler
au souffle du «Libecciu».
Toi, mon beau châtaignier
si vert dans tes atours,
tu as hébergé des geais
et des merles siffleurs.
Même si ton voisin
le cerisier charmeur
te prenait pour un temps
leurs faveurs de gourmet.
Toi, noble châtaignier
Tu vis tant d’invasions,
qui venaient de la mer
et tu donnas asile
au clair des fougères
aux proscrits, aux bannis
qui luttaient pour leurs terres,
pour le droit de choisir.
Toi seul pouvais vraiment
nourrir un peuple entier
de tes bogues si vertes
devenues des châtaignes
dont la fine farine
donne ce goût si suave
aux beignets et «polenta.»
de l’amour fait cuisine.
Paul Arrighi. août 2010.
Élégie à la « Sposata »
Comme un cheval fougueux
Tu chevauches les pierres
De ta montagne de granit.
Tu domines le « Liamone »
Et portes jusqu’à l’horizon
Cette grandeur altière
Qui est ton sceau de chevalier.
La mariée ingrate
Ayant laissé sa mère, sans un regard
Fut transformée ici
En monture de pierre.
Mais par sa révolte, toujours indomptée
Elle continue d’harnacher, la nuit,
Les chimères de feu de son rêve de fuite.
Oh, montagnes sacrées
Témoins de tant d’effrois
Et de tant d’invasions,
D’où les conques soufflaient
Leurs cris stridents de guerre
Pour porter loin l’alarme
Quand l’aigle voyait les chèvres dévaler
Oh, montagnes sacrées
Qui virent tant d’étés
Enflammer l’horizon
Et calciner les pins
Ou l’eau glacée des sources
N’apaise pas les soifs de pureté
Et ou les merles et les geais
Tiennent commun concert
Paul Arrighi
Aout 2009
Mon Père, ce grand Chêne
Je le croyais indéracinable, en ses terres,
Comme ce chêne Corse, sur la roche, poussé.
Il nous semblait si grand, il paraissait si fort,
Si longtemps résistant aux grands vents de la vie,
Sous les châtaigneraies et parmi les bruyères,
Il marchait, puis rêvait.
Parfois, il m'amenait, dans son refuge, en Corse,
y faisait provision de "corned-beaf" et de lait
en boite "gloria", et aussi de "bastelles»,
et ces repas hâtifs me semblaient un festin.
Mais plus que tout, je goûtais si belle liberté.
Disparues les contraintes.
D'un pas de montagnard, il nous menait, souvent,
En ces lieux de granit, qui semblaient son domaine.
Il me mit dans les mains, sa fine carabine,
dont j'aimais le canon, à, l'acier effilé;
mais avant que je presse, le geai était parti.
Il ne me gronda pas.
Le soir, si peu dormeurs, avec Régis, mon frère,
dans la chambre aux obus, des tués de quatorze,
dont un panier d'osier exhalait tant les truites,
Nous le savions dormir dans la chambre à côté,
nous ne cherchions pas trop, sommeil prompt à venir.
Je lisais de vieux livre.
Et puis nous descendions, furtifs vers la rivière,
encaissé dans les roches le "Fiume grosso" grondait.
Mon père nous racontait qu'il y avait dormis
avec quelques amis, à la flambée des feux.
et le bruit lancinant était une musique
qui malgré le soleil nous tenait éveillé.
Magie des eaux profondes. 2
Quand un jour de détresse, je perdis "Nils le prince"
ressentant mon chagrin, il me facilita
L’achat d'un jeune chien, je l'ai encore au coeur,
ce cadeau si exquis, qui fut baume sur plaie
Merci de m'avoir fait, ce présent plein d'amour.
La tendresse d'un père.
Il vécut si longtemps, que je ne prêtais guère,
attention au torrent qui se faisait ruisseau,
aux blancs cheveux venus, au dos un peu voûté,
tant les fils ont besoin de croire invincible
Le père qui fut grand à l’aube de leurs vies.
Besoin de protection.
Un père est une force qui parait infinie
pour le jeune enfant qui a tant besoin de force
peut être imaginaire, qui soutient et le guide.
Alors devenu homme, il découvre un soir
que le chêne vacille, s'appuie sur une canne.
Il est désormais seul.
Paul Arrighi – Toulouse,
Poésie élégiaque,
En l'honneur de son père André Dominique
« Candria »
Décédé le 29 novembre 2010.
Premier Sonnet sur le café de Vico
Un marronnier et trois tilleuls
Sur la fraîcheur comme un clin d'œil
Sous le soleil immobile
Dans l'ombrage des charmilles
Une façade de granit
Sur une salle composite
Sur les murs plusieurs footballeurs
Et d'un vieux berger la vigueur
Pouvoir s'asseoir, se reposer
Et par-dessus tout siroter
Un verre de bière pression
Sans un souci à l'horizon
A côté de vous, il fait chaud
Mais le zéphyr souffle tantôt
Sur votre peau, une caresse
Il faut dire que rien ne presse
Une torpeur qui vous saisit
Un parfum de moments choisis
Mais après tout c'est bien l'été
Et son cortège de beautés,
Dans votre verre un pastis
Comme une senteur d'anis
De jolies filles font le détour
Parées de leurs jolis atours
Verre levé vous plaisantez
Pour l'œil des belles attirer
Mais les coquettes vont leur chemin
En masquant bien leurs vrais desseins
Paul Arrighi
Deuxième Poème au café de Vicu
Oh café de Vicu
Tilleuls et marronniers
Aux ombrages si frais
Apaisant les cieux lourds
Et les chaleurs de plomb.
Un chat à la queue courbe
Vient chercher les caresses
Que des femmes distraites
par des hommes ombrageux
Distraitement lui donne.
Un tempo de langueur
Violone tes douceurs ;
et la « Serena » fraîche
fait plus que rafraichir
notre quête de soifs.
Oh café de Vicu
Tu sais nous préserver
Des vains emballements,
Des fureurs dérisoires
Propres à nous gâcher
Le songe de nos vie.
Paul Arrighi
Fougères en Corse,
Petits, elles nous faisaient peur par leurs frémissements,
sous la caresse du vent et par leur tournoiements,
de vert sombre et de senteurs acres de rivière.
Elles nous paraissaient animées d'une vie mystérieuse,
de landes, de lutins et d'enfants disparus ou dérobés,
Ces fougères nous les nommions : "Fizères".
Elles étaient pour nous source d'effroi et de maléfices,
Jamais nous n'aurions consentis à nous perdre dans l' ondulements de leurs vagues vertes,
sous peine d'être aspirees par un magnétisme maléfique,
et devenir prisonniers de leurs immensités feuillues.
En automne, leurs couleurs se transformait en dorées et et en feux,
comme une chevelure rousse déployée ou la robe du renard roux, si vif.
Et quand le vent souffle, leurs feuilles font grand bruissement,
comme les tuyaux d'orgue d'une nature en remuement.
Alors les elfes et les esprits des défunts
Semblent s'en donner à coeur joie au dessus la rivière "Catena",
Et même les châtaigniers massifs semblent comme entraînés par le vent dans cette sarabande moins réglée que celle d'Hendel.
Paul d'Aubin ( Arrighi)